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Les films

 

Vendredi 17 juillet 2009
 « Je ne veux pas être un homme » 1918 (Ich Möchte Kein Mann Sein)
je001.jpgOssi n’est pas une jeune femme comme les autres : elle fume, elle boit et elle joue aux cartes malgré les reproches de ses parents. « Je ne veux pas être bien élevée ! » hurle la chipie lorsqu’on lui annonce qu’un tuteur va prendre en charge son éducation.  Près de 90 ans après sa réalisation, Je ne voudrais pas être un homme n’a rien perdu de sa vigueur ni de son caractère transgressif. Comme chez Marivaux, le travestissement sert à révéler les hypocrisies et mensonges du jeu social. Dans un premier temps, Lubitsch montre Ossi perdue dans un univers masculin brutal, règne de la vulgarité. La nouvelle parure de la jeune femme permet au cinéaste, comme on peut l’imaginer, de multiplier les gags scabreux (les tailleurs qui souhaitent tous prendre ses mesures, le moment où elle doit aller aux toilettes…). Mais elle permet aussi à l’héroïne malicieuse de séduire, en tant qu’homme, son tuteur. La scène de baiser entre les deux est vraiment étonnante et sa charge subversive n’a rien perdu en intensité. Sans aller jusqu’à parler d’homosexualité (même si cette dimension n’est pas totalement absente), on reste ébahi.

 

Samedi 18 juillet 2009
 ch025.jpg « La chatte des montagnes » 1921 -  1h40’ (Die Bergkatze)
Don Juan redouté par ses supérieurs pour le désordre qu’il occasionne, le lieutenant Alexis est envoyé à la forteresse de Tossenstein. Le commandant de la citadelle est ravi de pouvoir donner la main de sa fille à cet homme mais voilà qu’en chemin, ce fiancé providentiel est attaqué par des brigands et s’éprend de la meneuse du groupe, la féline Rischka (Paula Negri).   

Mélange d’observations satiriques (les bidasses et autres Don Juan de pacotille ne sont pas épargnés) et d’allusions (« Occupé » lance Alexis planqué dans un placard que le commandant cherche à ouvrir en ne trouvant rien d’autre à lui rétorquer que « Vous n’avez pas honte ? Dans mon placard à habit ! ») ; La chatte des montagnes tranche avec le tout-venant de la farce par son côté « bizarre » que lui donnent ses décors. Visiblement inspiré par l’expressionnisme alors en vogue, Lubitsch donne à la vaste demeure du commandant des allures totalement extravagantes. Ce décor invraisemblable où vont parfois se nicher les personnages prouve le génie du cinéaste pour tout mettre au service de la comédie (aussi bien les personnages que les lieux et les objets).
Sans être le plus abouti, La chatte des montagnes s’avère être un mélange détonnant de burlesque débridé et de pessimisme dans son propos.

   
Dimanche 19 juillet 2009
1184.jpg« La princesse aux huîtres » 191970’ (Die Austerprinzessin) 

Dans une Amérique d'opérette, l'histoire d'une fille de parvenus que son père, las de ses caprices, décide de marier à un prince.

Le scénario de Die Austernprinzessin, écrit par Hanns Kräly et Ernst Lubitsch, pourrait ressembler à un vaudeville. Il n’en est rien. Il est annoncé comme « une comédie grotesque en quatre actes » ou comment, dans un burlesque déchaîné, se moquer des Américains milliardaires et de la noblesse allemande sans argent. Ce récit ne doit pas nous faire oublier les innovations stylistiques et la maîtrise de la mise en scène d’un film qui date de 1919 ! Le roi des huîtres, particulièrement serein face aux gouailleries de sa fille, dit : « cela ne m’impressionne pas du tout ! », jusqu'à ce qu'il regarde, à la fin du film, le lit de sa fille qui a réussi à faire grimper le vrai prince : « Ça, ça m’impressionne » (tout cela en deux cartons). On ne vous raconte pas les bouffonneries de l’Union des filles de milliardaires, parfaites turlupines des prêches antialcooliques. Chez Lubitsch, les femmes sont drôles et savent toujours ce qu’elles désirent contrairement aux hommes.

 

 

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